Point sur Amilton Global avec Mathilde de le Servière, Gérante du fonds et Directeur de la Gestion Privée
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Entretien avec Mathilde de la Servière, Directrice de la Gestion Privée et gérante du fonds Amilton Global.
Mathilde de la Servière


H24 : Amilton Global est un fonds flexible. Sur quels actifs est-il présent ? Quelle est votre marge de manoeuvre sur les différentes classes ?
Mathilde de la Servière : C’est un fonds flexible, essentiellement d’actions internationales. Les bornes sont 0-100, ce qui signifie que nous nous autorisons vraiment une gestion très active de l’exposition aux actions. Au sein de cette poche, nous effectuons une gestion de conviction.


H24 : Lorsque l’exposition aux actions n’atteint pas les 100 %, investissez-vous le solde dans d’autres classes d’actifs ?
Mathilde de la Servière : Surtout dans le contexte actuel, l’idée est de laisser le budget de risque à la partie actions et de gérer le reste de la manière la plus neutre possible. Nous pouvons détenir, par exemple, des obligations à court terme pour générer un peu de performance, mais nous n’avons pas la volonté de gérer de manière extrêmement active cette partie qui reste essentiellement de la trésorerie. Aujourd’hui, nous sommes investis à environ 80 % en actions.


H24 : Comment gérez-vous le couple rendement/risque ?
Mathilde de la Servière : L’approche globale rendement/risque est essentiellement de long terme. Le fonds a une vision patrimoniale. Notre volonté est d’accroître le capital dans le temps et de ne pas viser de mouvement à court terme.
J’essaie d’abord de comprendre où nous nous situons dans le cycle économique. C’est essentiel. En 2008, par exemple, vous pouviez avoir la meilleure idée d’investissement (valeur ou secteur), tout a plongé… Donc la base du raisonnement est de savoir à quelle étape du cycle nous nous trouvons et les thématiques d’investissement à privilégier dans ce contexte. Nous regardons ensuite le nombre de convictions sur les valeurs que nous pouvons trouver au sein de ces thématiques. La combinaison de ces deux points détermine notre taux d’exposition.


H24 : Vous vous présentez comme ayant une gestion active, flexible et pragmatique. Qu’entendez-vous par là ?
Mathilde de la Servière : Notre approche patrimoniale vise à capter les grandes tendances de marché en prenant du recul sur la volatilité à court terme. Nous cherchons donc à adapter et optimiser l’allocation du portefeuille sur un cycle économique complet. Nos fortes convictions ne nous empêchent toutefois pas d’avoir une gestion active notamment lors des phases de rotations sectorielles qui peuvent être importantes et dont on peut profiter pour optimiser la performance du portefeuille.


H24 : Votre fonds est international. Or, chaque zone géographique se situe à une période différente du cycle. Alors, quelle est votre allocation en la matière ?
Mathilde de la Servière : Ma thématique principale est une croissance économique américaine forte et qui est dans une phase de ré-accélération depuis un an. Le cycle actuel est un peu particulier, car très long. Même s’il n’y a pas d’inflation visible sur les salaires aux États-Unis, la Fed a déjà commencé à remonter les taux. Or, les phases de resserrement monétaire créent toujours des tensions dans les pays émergents. Nous n’avons donc pas de pays émergent au sein du portefeuille aujourd’hui. Quant à l’allocation en actions américaines, elle représente la moitié du portefeuille, le solde étant positionné sur l’Europe.


H24 : Quelles sont vos autres grandes thématiques d’investissement ?
Mathilde de la Servière : J’ai une approche pro-cyclique, dans le contexte d’une ré-accélération de la croissance économique mondiale. Nous jouons la déréglementation financière aux États-Unis avec une pondération élevée sur le secteur des banques américaines, la hausse des prix du pétrole et des matières premières dans leur ensemble, la révolution numérique qui me tient à coeur depuis très longtemps et qui profite d’un marché des valeurs technologiques très dynamique aux États-Unis. Enfin, en Europe, nous sommes positionnés sur des valeurs en recovery, en situation spéciale ou sous-valorisées.


H24 : Vous êtes aussi une gérante de conviction. Quelles sont-elles actuellement ?
Mathilde de la Servière : Dans les valeurs cycliques, je suis persuadée qu’ArcelorMittal est sous-valorisée. Elle est très peu regardée en ce moment mais elle me semble avoir du potentiel. Aux États-Unis, j’aime beaucoup Bank of America qui est très cyclique, qui a été complètement restructurée et qui offre désormais de belles perspectives de croissance. Dans les situations spéciales, sur le secteur des semi-conducteurs américains, j’apprécie Micron très positionnée sur l’internet des objets et l’intelligence artificielle. Sur le pétrole, nous aimons beaucoup Tullow Oil, une société anglaise qui a connu des moments difficiles, qui a fait une augmentation de capital mais qui est parfaitement gérée et qui s’est restructurée. Tous ces thèmes ont participé à la belle performance du fonds depuis le début de l’année.


H24 : Comment, selon vous, vous démarquez-vous dans l’océan des fonds flexibles ?
Mathilde de la Servière : Plusieurs choses : l’approche par thématiques, la gestion de conviction qui se reflète dans le nombre de lignes actions assez réduit (une vingtaine actuellement) et l’importante pondération sur les États-Unis. Il faut d’ailleurs savoir, sur ce dernier point, que je ne couvre généralement pas le dollar US, car son profil d’actif refuge permet d’amortir les phases de tension sur les marchés actions européens.

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