François Pascal : Entre stratégie et psychologie
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François Pascal, directeur de la gestion diversifiée à Amilton Asset Management, évoque sa passion pour l’investissement.

Tel Obélix et la potion magique, on pourrait dire que François Pascal est tombé dans le monde de l’investissement quand il était petit. Lorsqu’il étudiait encore en école de commerce, il programmait déjà des modèles d’évaluations de prix d’options sur sa calculatrice et investissait à titre personnel.

« J’avais fait un stage en marketing chez Unilever mais ça ne m’avait pas convaincu, j’en ai fait un autre au sein d’une société de bourse où j’avais un compte. A l’époque, il fallait investir au minimum 50.000 francs pour ouvrir un compte. Avec un ami, nous avons mis 25.000 francs chacun et on a commencé à faire du trading notamment sur des options, » confie François Pascal.

Durant ses études, le directeur de la gestion diversifiée chez Amilton Asset Management n’a pourtant pas choisi la voie la plus aisée pour intégrer le milieu, lui qui est sorti diplômé d’une école d’ingénieur, l’Ecole nationale supérieure des industries chimiques de Nancy, spécialité génie chimique et de l’EM Lyon. « A l’époque, c’était assez rare et difficile à vendre comme formation. Je voulais devenir analyste actions mais fin 1993, on ne recrutait pas vraiment dans ce secteur. J’ai donc commencé dans une salle de marché pour la banque Worms, plus tard rachetée par Axa, pendant environ un an comme commercial sur les produits de dérivés de taux. Je gérais aussi des positions sur les produits de taux à côté, cela a été une chance extraordinaire, » dit-il.

« Tout ce qui est processé est devenu aseptisé, ça retire une grande part de l’intérêt des stratégies.»

Après son passage à la banque Worms, il rejoint le CIC en 1995 où il exerce les fonctions de commercial sur les produits de taux, en particulier la couverture de taux dans un paysage où ces derniers sont élevés et la charge de la dette conséquente. Avec deux autres personnes, il participe à la création d’un desk produits structurés, « ce qui semblait relativement nouveau à l’époque. » « On visait les institutionnels qui cherchaient à placer leur trésorerie. Lors du lancement, l’activité des produits structurés n’avait pas intéressé grand monde, c’est seulement quand le desk a commencé à bien marcher que l’intérêt a grimpé en flèche, » ajoute François Pascal.

Le tournant intervient en février 2001 lorsqu’après sept ans passés en salle des marchés, il rejoint Fimagest, par la suite rebaptisé Fortis Investment Management, en tant qu’allocataire d’actifs. Une aventure de six ans et demi durant laquelle il est rattaché à une équipe internationale (France, Pays-Bas, Belgique, Etats-Unis, Allemagne) où les échanges se font intégralement en anglais. Il obtient la responsabilité de l’allocation d’actifs en France, secondé par deux personnes. « Ce vecteur international m’a permis d’entrevoir d’autres façons d’envisager l’allocation d’actifs et renforcer la part de créativité et d’inventivité du métier d’allocataire, » note François Pascal.

« Les marchés ? Un grand échiquier à l’échelle mondiale »

ensuite l’époque Primonial qu’il décrit comme « une expérience riche sur le plan humain » de 2007 à 2013. Il y découvre la sélection de fonds tandis que le dirigeant de l’époque lui argue qu’il ne voit pas vraiment d’utilité à l’allocation d’actifs. La société de gestion ne sélectionnait alors que des fonds flexibles.

« En 2007-2008, nous avons travaillé sur l’aspect humain et étudié le comportement des clients et des gérants lors des phases haussières et baissières des marchés. Il y avait dans mon équipe beaucoup de gens avec des talents et des domaines d’expertise éloignés de la gestion (nous avions même un philosophe !). Juste après le krach de 2008, nous avons reçu le feu vert pour créer un processus d’allocation d’actifs couplé à la sélection de fonds pour lequel j’ai voulu impliquer tous les membres de l’unité et leurs connaissances, » raconte François Pascal.

A partir de 2010, Primonial rapatrie des fonds de fonds gérés jusqu’alors par JP Morgan avant que la situation de la firme ne se dégrade. « La stratégie générale de l’entreprise s’est ensuite détournée de la gestion de valeurs mobilières, ce qui a conduit à des licenciements dont le mien en 2013, » résume François Pascal qui rejoint Amilton Asset Management fin 2014 pour prendre les rênes de la gestion diversifiée et de la sélection de fonds. « Le projet de rejoindre une société entrepreneuriale en plein développement m’a séduit. Aujourd’hui nous gérons plus de 250 millions d’euros et l’équipe est en train de s’étoffer, » dit-il.

Ses fonctions, explique François Pascal, peuvent parfois influer sur le choix des vacances. Ce fut le cas en mars dernier au cours d’un voyage en famille au Vietnam organisé « à la fois pour découvrir le pays et aussi parce que j’étais investi à titre personnel et professionnel chez des gérants basés localement. » « Quand nous sommes arrivés à l’aéroport d’Hô Chi Minh, la chambre d’hôtel n’était pas prête alors j’en ai profité pour aller voir deux gérantes locales. Même quand je suis en vacances, il y a toujours une partie de moi qui pense à l’investissement, » narre-t-il, ajoutant avec humour être persuadé que lorsque sonnera l’heure de la retraite, il continuera d’être actif dans l’investissement. « En me rendant à des assemblées générales d’actionnaires par exemple, » suggère-t-il.

Le directeur de la gestion diversifiée chez Amilton Asset Management souligne un côté stratégie récurrent dans ses activités, évoquant sa passion pour les échecs plus jeune – il a d’ailleurs croisé Anatoli Karpov, grand maître international d’échecs russe - mais aussi pour le tarot et le bridge, qu’il aimerait pratiquer à un niveau assez élevé une fois à la retraite. Avec son fils de 16 ans, c’est aux jeux vidéo tels Fortnite et League of Legends que s’adonne François Pascal, également père d’une fille de 18 ans. Néanmoins, de tous les « jeux de stratégie » existants, les investissements sur les marchés gardent sa préférence.

 

Adrien Paredes-Vanheule, Newsmanagers

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