«MIF II a ouvert des opportunités intéressantes pour des boutiques comme la nôtre.»
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FUNDS MAGAZINE - MARS 2019 - PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE REKIK

INTERVIEW - DAN SAYAG, DIRECTEUR GÉNÉRAL, AMILTON ASSET MANAGEMENT

"Nous sommes en mesure de capter une clientèle privée dont le montant du patrimoine financier ne leur donne plus accès aux grandes banques privées traditionnelles, lesquelles ont augmenté les seuils d’accès à leurs services."

 

Pouvez-vous nous rappeler les débuts de la société ?

La société a été créée en 2007 après une opération de MBO sur CFD Capital Management, à la suite de laquelle Ilana Sayag est devenue présidente. La crise financière de 2008 et certaines décisions stratégiques inadaptées ont rapidement fragilisés la société qui a vu ses encours passer de 70 millions d’euros à 25 millions d’euros pour une vingtaine d’employés.  En poste chez JP Morgan à Londres, j’ai décidé de rejoindre la société en septembre 2008 afin de mener le projet de réorganisation. Nous avons alors décidé de concentrer nos efforts de développement sur deux activités, la gestion privée et la gestion collective.

En 2008, grâce à une approche très prudente assez tôt dans l’année, notre gestion a plutôt bien résisté, ce qui nous a permis de repartir sur de bonnes bases. A notre expertise historique sur les Small & Mid Caps, nous avons ajouté une expertise de gestion multi-classes d’actifs. Nous avons ainsi remporté un appel d’offre pour la gestion des liquidités de fonds de private equity de type FIP et FCPI.

A partir de 2010, les encours ont dépassé les 100 millions d’euros. Nous avons alors envisagé une opération de croissance externe et notre choix s’est porté sur Swan Capital. Cette société de gestion gérait 200 millions d’euros pour le compte principalement de CGP auxquels elle proposait notamment des fonds sur mesure à partir de cahiers des charges établis en fonction des besoins des clients finaux. Nous avons d’abord pris une participation majoritaire en septembre 2011, avant de fusionner totalement courant 2012. Nous avons alors réorganisé les équipes, rationnalisé l’offre produit et revu les process liés à la gestion et au service client.

 

La croissance des encours s’est surtout accélérée depuis trois ans ? Comment l’expliquez-vous ?

Nous avons procédé à de nombreux recrutements à partir de 2015 parmi lesquels un Directeur de la Gestion Diversifiée et une Directrice de la Gestion Privée. La clientèle institutionnelle a également été adressée avec le recrutement de Franck Missera et de Jean-Claude Guimiot qui sont en charge du fonds de place 2i Sélection. Ce dernier investit dans des fonds gérés par des sociétés de gestion entrepreneuriales innovantes. Enfin, nous avons étoffé notre gamme de fonds ouverts avec notamment le lancement en 2015 d’Amilton Premium Europe, spécialisé sur les Small & Mid caps européennes et qui a connu une forte croissance ces dernières années.. Nous avons récemment mené une nouvelle phase de renforcement de nos équipes avec les arrivées de quatre nouveaux gérants/analystes sur les Small & Mid caps et la gestion diversifiée.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur le fonds 2i Sélection ?

2i Sélection lève des fonds auprès des investisseurs institutionnels pour les investir dans des boutiques en phase de montée en puissance. C’est une passerelle entre le monde institutionnel et cet univers de sociétés de gestion entrepreneuriales qui se connaissent peu. Nous avons levé récemment une cinquantaine de millions d’euros supplémentaires, ce qui nous permet de franchir le seuil de 100 millions d’euros et d’accroitre le ticket investi dans les fonds sélectionnés. 2i Sélection a attiré de nouveaux investisseurs institutionnels tels qu’Aviva France, EDF ou Malakoff Médéric.

2i Sélection a pris des tickets dans une vingtaine de sociétés de gestion ayant un processus de gestion innovant, principalement investis dans les actions européennes. 2i Sélection investit uniquement dans les fonds ouverts de ces sociétés et les accompagne sur les parties réglementaires, reporting ou marketing, et ce, sans demander de contrepartie économique ou capitalistique..

 

A combien s’élèvent les encours actuellement ? Comment se répartissent-ils entre gestion collective et gestion privée ?

Nos encours s’élèvent aujourd’hui à 750 millions d’euros, dont 200 millions d’euros en gestion privée, 250 millions sur notre gamme vitrine, 200 millions investis dans les fonds sur mesure pour notre clientèle de CGP et le solde dans la gestion de trésorerie.

 

Et la répartition en termes de clientèle ? Pourquoi vouloir développer les encours gérés pour la clientèle institutionnelle alors que la pression sur les frais de gestion est importante ?

Les CGP représentent 40 % de nos encours. Ils sont investis dans nos fonds ouverts et sur une quinzaine de fonds sur mesure, des fonds multi-classes d’actifs gérés en multigestion. Les investisseurs institutionnels représentent environ 30% et le solde des actifs sous gestion concerne la clientèle privée.

Certaines classes d’actifs à fort potentiel d’alpha ont démontré une capacité à préserver leur niveau de frais de gestion. C’est le cas des Small &Mid Caps, une classe d’actifs non concurencée par la gestion passive et sur laquelle les gérants spécialisés parviennent à démontrer une régularité dans la génération de performance dans différents cycles de marché..

 

Comment ont évolué les encours l’an dernier ?

Globalement, l’année a été stable, la collecte de 45 millions d’euros n’ayant pas permis de compenser les 80 millions d’euros d’effet marché négatif sur le dernier trimestre 2018. Dans l’ensemble, nos fonds ont bien résisté.  C’est notamment le cas du fonds Amilton Premium Europe qui a bénéficié de flux positifs alors que la classe d’actifs a beaucoup souffert.

 

Quels sont aujourd’hui vos axes prioritaires de développement ? Comment est organisée l’équipe commerciale ?

La clientèle de CGP reste notre axe prioritaire. Notre gamme, composée de deux fonds investis dans les Small & Mid caps et deux fonds flexibles multi-classes d’actifs, est bien référencée sur les plateformes. Compte tenu de ses très bonnes performances depuis son lancement fin 2014, le fonds Amilton Premium Europe va être le fer de lance de notre activité commerciale tant auprès d’une clientèle retail qu’institutionnelle..

Nous avons alloué des budgets importants d’animation en direct ou auprès des partenaires assureurs. Après une année très décevante pour les fonds patrimoniaux et flexibles, les CGP vont devoir redynamiser leur allocation et proposer à leurs clients des solutions différentes. Cela aura sans doute un effet positif sur le développement des fonds sur-mesure et de la gestion sous mandat.

Par ailleurs, MIF II a ouvert des opportunités intéressantes pour des boutiques comme la nôtre qui font de la gestion privée. Nous sommes en mesure de capter une clientèle privée dont le montant du patrimoine financier ne leur donne plus accès aux grandes banques privées traditionnelles qui ont augmenté les seuils d’accès à leurs services.

Enfin, nous souhaitons développer nos encours à l’international. Pour le moment, nos clients sont essentiellement français même si nous comptons quelques investisseurs en Suisse et à Monaco. Notre offre sur les Small & Mid caps peut s’exporter par l’intermédiaire de TPM dans un premier temps vers la Suisse et le Benelux et, dans un second temps, l’Italie et l’Espagne.

Notre équipe commerciale comprend deux personnes qui sont dédiées à 75% aux CGP et nous avons deux personnes au marketing. A travers 2i Sélection, l’équipe institutionnelle fait aussi la promotion de la gamme d’Amilton AM.

 

Quels sont vos objectifs d’encours ?

Entre 2009 et 2017, nos encours ont progressé de façon régulière, à mesure que nous développions notre offre de gestion. Nous espérons pouvoir franchir le seuil du milliard d’euros très prochainement.

 

Comment est réparti l’actionnariat de la société ? Vos moyens vous permettent-ils aujourd’hui d’envisager de nouvelles opérations de croissance externe ?

L’actionnariat est réparti à parts égales entre Ilana Sayag, Harry Wolhandler, directeur de la gestion actions, et moi-même. Notre situation financière nous permet désormais d’être plus ambitieux en termes de croissance externe. Nous pouvons envisager d’acquérir une expertise de gestion complémentaire ou un nouveau réseau de distribution. Nous envisageons également la mise en place de partenariats stratégiques avec les CGP.

FUNDS MAGAZINE - MARS 2019 - PROPOS RECUEILLIS PAR CATHERINE REKIK

Retrouvez l'interview complète ici : https://www.optionfinance.fr/asset-management/strategie/mifii-a-ouvert-des-opportunites-interessantes-pour-des-boutiques-comme-la-notre.html

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